Annoncée depuis un an, la fusion des deux banques de détail se précise pour donner naissance à une banque géante en 2023. Des fermetures d’agences et des suppressions de postes sont prévues.

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Une seule banque, un seul siège et un seul système informatique. Pour arriver à cet objectif, le groupe Société générale va supprimer 3 700 postes nets entre 2023 et 2025. C’est moins que redouté par la CFDT Crédit du Nord qui évoquait  entre 5 000 et 7 000 le nombre d’emplois menacés ». Ces suppressions s’appuieront sur les départs naturels (estimés à 1 500 par an d’ici 2025) et la priorité donnée aux reclassements et mobilités internes, a précisé le groupe.

 

La Société Générale assure que 100 millions d’euros seront consacrés entre 2022 et 2025 pour la formation des salariés dont le métier évoluera avec la fusion.

 

Depuis 1997, Société Générale et le groupe Crédit du Nord cohabitaient. Vingt-cinq ans plus tard, ils mutualisent leurs moyens pour créer une banque de détail géante avec 10 millions de clients en France et 25 000 collaborateurs.

 

La fusion informatique des systèmes sera bien effectuée au premier semestre 2023. C’est à cette date que le changement sera le plus visible pour les clients.La fusion des systèmes informatiques est la partie plus onéreuse et épineuse lors d’une fusion », explique Stéphane Maurette, spécialiste en finance d’entreprise et fusions acquisitions. Ce qui est moins coûteux mais plus difficile à quantifier, c’est le rapprochement des salariés. Le risque c’est que les salariés de Crédit du Nord se sentent moins considérés. Les fusions peuvent créer des tensions, des frustrations dans les équipes, qui perdurent des années », observe Stéphane Maurette.

 

Les fermetures d’agences seront plus nombreuses qu’annoncées. Jusqu’alors, la Société Générale évoquait 600 agences en moins, ce sera plutôt 650. En passant de 2 100 agences répertoriées fin 2020 à 1 450. Le groupe assure que ce sera sans quitter de ville ».

 

Reste à savoir quel nom aura cette nouvelle marque. La stratégie de l’entreprise sera dévoilée en 2022. Il s’agirait d’une marque nationale qui n’abandonnerait pas des noms de banques régionales : Crédit du Nord, Courtois, Tarneaud…

 

Société générale, principale banque de France

 

 

Fondée le 4 mai 1864 par un groupe d’industriels et la famille Rothschild, la Société générale reste l’une des principales et plus anciennes banques françaises. Paulin Talabot est le premier directeur de cette banque française non mutualiste. 

 

 

 

Depuis mai 2015, Frédéric Oudéa occupe le poste de directeur général de la banque Société générale, Lorenzo Bini Smaghi en est le président. Le groupe compte 133 000 collaborateurs présents dans 61 pays. Il se développe autour de la banque de détail, les gestions d’actifs (Société générale Asset Management), ainsi que la banque de financement et d’investissement (Societe Generale Corporate & Investment Banking). En 1995, les tours Chassagne et Alicante à La Défense deviennent son nouveau siège social.

 

 

 

2025: 600 agences supprimées

 

 

En 2016, le groupe s’inscrit comme la principale banque française concernée par le scandale des Panama Papers. La députée PCF Marie-George Buffet revendique la démission du directeur général de la Société générale. Le bureau du Sénat permet à Frédéric Oudéa d’éviter un passage en justice. 

 

 

En novembre 2017, l’entreprise annonce la suppression de 300 agences et 900 emplois à l’horizon 2020. Le 23 septembre 2020, elle révèle son projet de création d’une nouvelle banque de détail qui s’appuierait sur la fusion de Société Générale et Crédit du Nord. Cette opération entraînera la fermeture de 600 agences d’ici à l’horizon 2025 et 3.700 suppressions de postes.